La conséquence des droits d'auteur

 

Dans le domaine scientifique qui nous occupe, les droits d'auteurs, aussi légitimes soient-ils sont un frein à l'accès à la connaissance pour tous. En effet les ouvrages et autres œuvres scientifiques sont en moyenne nettement plus chers que les livres grand public ou ne sont accessibles que dans de très rares bibliothèques spécialisées. Dans tous les cas, seules les personnes aisées ont les moyens financiers de les acquérir ou de se déplacer dans les grandes villes pour accéder à cette information. Qu'en est-il des ruraux, qu'en est-il du Tiers Monde ? Prenons pour exemple le cas de séries d'ouvrages complets dont chaque volume coûte des sommes astronomiques pour les exclus de la planète et que même le grand public de nos pays riches ne peut pas s'offrir sans que ce soit un sacrifice financier :

 

The families and Genera of Vascular Plants, Vol. 1, Edited by Kubitzki ; valeur en 2009 : 406,00 €
Handbook of the birds of the World, Vol. 15, Lynx Edicions ; valeur en 2010 : 212,00 €

 

La culture et la connaissance restent hélas la chasse gardée d'une élite de la société alors que la technologie informatique, via l'Internet, nous permettrait d'ouvrir les Sciences naturelles à la planète entière. Personne ne conteste le prix qui correspond à un travail long et coûteux et je dirai même qu'en comparaison avec les ouvrages traditionnels, ces livres ne sont pas chers compte tenu de la masse d'informations qu'ils contiennent. Mais qui y a accès ? De plus, si vous regardez bien, la majorité de cette information est en anglais ce qui devient un écueil supplémentaire pour la plupart de la planète parce que les Etats n'ont pas mesuré l'importance de la traduction pour augmenter l'intelligence collective de leur nation. Tous les ouvrages scientifiques à haute valeur ajoutée dans leur contenu devrait avoir d'office, dès parution, sa version en français, que cela soit rentable ou non. Les autorités sont toujours promptes à faire remarquer la colonne "dépenses" parce qu'elle est la seule comptablement mesurable mais malheureusement, on ne peut pas aligner dans un bilan comptable le crédit qu'elle rapporte car il n'est pas mesurable. La vente des productions de la France passent par la diffusion de la Connaissance en français !
En fait ce n'est pas la remise en cause totale du droit d'auteur dans ce domaine mais plutôt que chacun ait enfin conscience que chaque fois qu'il se prend pour un as de la photographie, il est en train d'augmenter l'écart entre une élite et les autres. Il contribue, même à son très humble niveau, à l'appauvrissement des plus pauvres. Tout est lié et aucune de nos actions et décisions n'est sans effet ! Je crois qu'il devrait exister un organisme public qui gère une bibliothèque de données (dont bien sûr des images à but scientifique) totalement libres de droits afin qu'elles soient accessibles à tous. C'est à la nation francophone de se doter d'un tel outil si elle veut continuer à exister dans sa différence linguistique sinon pourquoi apprendre le français si l'anglais est incontournable pour acquérir des connaissances ? Les médiathèques sont de nos jours à la mode et de ce fait fleurissent un peu partout dans nos villes mais, à ce jour, je n'ai jamais entendu qu'il y ait des médiathèques à thèmes. Or quelle bonne idée ce serait d'avoir une médiathèque spécialisée dans les Sciences naturelles : sa vocation aurait ipso facto une aura nationale surtout grâce à l'informatique. La collectivité qui fera ce pas sera sans aucun doute au premier plan de la scène nationale en sa qualité de pionnière !