Nomenclature

Genre Betula Linnaeus (1753)

Betulaceae

Statut du taxon : accepté

Publication : Sp. Pl. 2: 982. 1753.

Classification : Sous-famille des Betuloideae

Liens taxinomiques : Alnus

Synonymie : Betulaster Spach, 1841 ; Apterocaryon Opiz, 1855 ; Chamaebetula Opiz, 1855.

Noms vernaculaires : bouleau ; Engl. birch

 

Bibliographie

Krüssmann Gerd, Cultivated broad-leaved trees & shrubs, Vol. 1, 1984.

Collectif , Flowering Plants. Dicotyledons. Volume II, 1993, Edited by K. Kubitzki

D. J. Mabberley, The Plant-Book (1ère edition 1990, 2e edition 1997, 3e edition 2009 et 4e edition 2017).

Collectif, Flora of China volume 4 Cycadaceae through Fagaceae, 1999.

Collectif, Flora of North America volume 3 Magnoliophyta: Magnoliidae and Hamamelidae, 1997.

 

Iconographie

Urban Jacques : Bourgeons : 1. Betula ermanii, 2. Betula plendula subsp. mandshurica, 3. Betula nigra ; Infrutescences : 4. Betula utilis var. jacquemontii, 5. Betula lenta.

Description détaillée

 

Introduction

 

Le genre Betula comprend actuellement 60 espèces mais ce chiffre génère des commentaires. En effet, la plupart des ouvrages cités en référence font état d'environ 35-40 espèces avec mention de 52 espèces retenues par Fontaine (Kubitzky) alors que la base de données de St Louis (USA) en référence 97 à ce rang, Flora of China 50-60 et Flora of North America, 35. Donc difficile d'y voir clair ! Ceci est en partie dû à la description récente (entre 2010 et 2014) de quelques taxons asiatiques (Chine, Asie centrale, Russie orientale). D'autre part le genre Betula a une forte propension à l'hybridation (voir liste ci-dessous) d'où une certaine difficulté à cerner réellement les espèces. Il est divisé en 4 sections qui peuvent aussi bien être des sous-genres comme chez Alnus : là encore, aucune cohérence dans la nomenclature taxinomique puisque laissée au bon vouloir des auteurs !  Seule une étude approfondie pourra nous aider à cerner l'étendue exacte de ce genre bien que l'accès aux données descriptives et aux planches d'herbier ne sera pas tâche facile prouvant une fois de plus qu'en ce XXIe siècle la centralisation, au moins numérique, de ces données devrait être la règle afin d'en faciliter l'accès à tous !

 

Il est originaire des régions tempérées à froides de l'Hémisphère Nord avec une plus grande diversité en Asie. Ses milieux naturels de prédilection sont toujours des régions froides et des sols humides, berges de cours d'eau, de lacs, landes marécageuses et autres cuvettes fréquemment innondés. Toutefois, si les précipitations sont régulières ou que le sol garde assez bien l'eau en profondeur, beaucoup d'espèces des régions tempérées ou des régions stéppiques tolèrent des sols occasionnellement plus secs ou drainés.

 

Caractères végétatifs

 

Arbres ou arbustes ou buissons souvent à troncs multiples dont certaines espèces peuvent atteindre 30 m. Écorce  variable en couleur et en texture, lisse ou parchemineuse ou rugueuse et craquelée à la base, blanche, jaune, rosé à brun foncé avec plus ou moins de lenticelles sombres et prohéminentes. Bois blanc à brun-rouge dont la consistance varie de peu dense (léger) à dense avec une texture plus compacte donc un bois plus lourd. Toutes les ramifications sont nettement à 2 rangées opposées de part et d'autre du rameau de bourgeons alternes. Les feuilles sont alternes disposées aussi en 2 rangées parallèles. Bourgeons hivernaux différents de ceux du genre Alnus, sessiles, petits, pointus à l'apex ; ils sont couverts de plusieurs écailles étroitement imbriquées et parfaitement lisses (photos 1 à 3). Le système racinaire des bouleaux consistent en 5-6 racines principales horizontales (napiformes) sur quelques mètres, très ramifiées afin d'explorer le maigre volume de sol en surface des régions hostiles dans lesquelles ils vivent puis s'enfoncent plus profondément presque à angle droit pour bien ancrer l'arbre. Les bouleaux en bonne santé sont rarement déracinés par les vents violents. Pas de nodosités racinaires comme chez Alnus.  

 

Feuilles caduques essentiellement sur les rameaux courts de bout du bout des branches. Le limbe est ovale, elliptique, sub-orbiculaire ou deltoïde avec des bords serrulés ou doublement serrulés, parfois crénelés ou à fins lobes arrondis chez certaines espèces nordiques. Les surfaces sont glabres à tomenteuse avec parfois des glandes résineuses sur la face inférieure.

 

Caractères floraux

 

Ce qui distingue les bouleaux des aulnes c'est la structure de leurs inflorescences. Les inflorescences mâles (staminées) sont de longs châtons terminaux, disposés le plus souvent en grappe ou solitaires issus des fins rameaux de l'année antérieure et très souvent présents en hiver mais qui éclosent avec les feuilles au printemps. Ils sont pendants et cylindriques. Les fleurs mâles sont au nombre de 3 par écailles caduques elle-même étant le résultat de 3 bractées soudées et ont chacune (1) 2-3 (4) tépales écailleux (ou bractéoles) qui forme le calice avec un nombre identique d'étamines ; contrairement au genre Alnus, le filet se divise à la base pour porter 2 anthères. Les inflorescences femelles (pistillées) sont situées en amont des châtons mâles et sont principalement solitaires ; elles sont enfermées dans le bourgeon en hiver et éclosent aussi avec les feuilles. Elles sont sessiles, dressées sur le rameau, fermes, ovoïdes à ellipsoïdes ou cylindriques. Les fleurs femelles sont de 3 par écaille, chacune ayant un ovaire à 2 loges avec 2 styles linéaires ; les écailles (résultat de 3 bractées soudées) sont parchemineuses, caduques et à 3 lobes. L'infrutescence est dressée (photo 5) ou pendante (photo 4) dont les écailles à 3 lobes s'épaississent  mais sont caduques et tombent avec les graines lorsque le châton se délite ; elles ne sont pas ligneuses comme chez Alnus. Certains châtons fructifères persistent toutefois sur l'arbre une bonne partie de l'hiver. Les fruit sont des samares minuscules, aplaties, à 2 ailes latérales plus ou moins larges et membraneuses mais absentes chez quelques espèces.

 

 

Culture

 

Plusieurs espèces sont ornementales et cultivées régulièrement notamment pour leur écorce. Ce sont des essences à croissance souvent rapide qui demandent des sols frais à humides jusqu'à innondés. Par contre les bouleaux tolèrent bien les sols pauvres en matière organique ou plus ou moins asphixiant comme les sols de landes ou de tourbière et s'ancrent très bien dans ces sols grâce à leur système racinaire particulier. Les bouleaux se multiplient le plus souvent à partir de semis de graines fraîches car leur pouvoir germinatif diminue assez vite et elles ne se conservent pas plus de 2-4 ans au réfrigérateur. Bouturage difficile. Semis d'hiver car la majorité des espèces demandent une période de froid variable selon les espèces. Germination au début du printemps ; les plantules sont fragiles et ont une croissance lente les deux premières années. Les taux de germination varient en fonction des espèces et de la fraîcheur des graines mais en général il est relativement faible. Certaines espèces sont sensible à la fonte des semis si ce dernier est pratiqué trop tard au printemps.

Le bois de bouleau n'est pas ce qu'on appelle un bois d'œuvre mais il est notamment employé pour la fabrication de contreplaqué, de skis ou de diverses fournitures secondaire en bois. La sève de bouleau (eau de bouleau) est consommée en cures de fin d'hiver comme minéralisant et revitalisant.

Jacques Urban, 2018.

 

Taxons inférieurs : 60 espèces acceptées actuellement à ce rang.

 

Betula alleghaniensis

Betula alnoides

Betula ashburneri

Betula baschkirica

Betula bomiensis

Betula calcicola

Betula celtiberica

Betula chichibuensis

Betula chinensis

Betula cordifolia

Betula coriaceifolia

Betula corylifolia

Betula costata

Betula cylindrostachya

Betula dahurica

Betula delavayi

Betula ermanii

Betula falcata

Betula fargesii

Betula fruticosa

Betula glandulosa

Betula globispica

Betula gmelinii

Betula grossa

Betula gynoterminalis

Betula hainanensis

Betula honanensis

Betula humilis

Betula karagandensis

Betula klokovii

Betula kotulae

Betula kweichowensis

Betula lenta

Betula luminifera

Betula maximowicziana

Betula medwediewii

Betula megrelica

Betula michauxii

Betula microphylla

Betula nana

Betula nigra

Betula occidentalis

Betula papyrifera

Betula pendula

Betula populifolia

Betula potamophila

Betula potanini

Betula psammophila

Betula pubescens

Betula pumila

Betula raddeana

Betula saksarensis

Betula saviczii

Betula schmidtii

Betula skvortsovii

Betula sunanensis

Betula tianschanica

Betula utilis

Betula wuyiensis

Betula zinserlingii

 

Hybrides naturels

Betula × aurata Borkh., Theor. Prakt. Handb. Forstbot. 1: 378 (1800) : B. pendula x B. pubescens

Betula × avatshensis Kom., Repert. Spec. Nov. Regni Veg. 13: 166 (1914) : B.ermanii x B. pendula subsp. mandshurica

Betula × bottnica Mela, Lyhk. Kasv., ed. 3: 314 (1895)

Betula × caerulea Blanch., Betula 1: 1 (1904) : B. cordifolia x B. populifolia

Betula × dosmannii McAll., Gen. Betula: 71 (2013) : B. ermanii x B. maximowicziana

Betula × dugleana Lepage, Naturaliste Canad. 103: 226 (1976) : B. glandulosa x B. pendula subsp. mandshurica

Betula × dutillyi Lepage, Naturaliste Canad. 79: 124 (1952) : B. glandulosa x B. x minor

Betula × eastwoodiae Sarg., Bot. Gaz. 67: 216 (1919) : B. glandulosa x B. occidentalis

Betula × heptopotamica V.N.Vassil., Novosti Sist. Vyssh. Rast. 7: 115 (1970 publ. 1971) : B. fruticosa x B. pubescens

Betula × hornei E.J.Butler, Bull. Torrey Bot. Club 36: 425 (1909) : B. papyrifera x B. nana

Betula × intermedia (Hartm.) E.Thomas ex Gaudin, Fl. Helv. 6: 176 (1830) : B. nana x B. pubescens

Betula × jackii C.K.Schneid., Ill. Handb. Laubholzk. 1: 102 (1904) : B. lenta x B. pumila

Betula × minor (Tuck.) Fernald, Rhodora 47: 306 (1945) : B. cordifolia x B. glandulosa

Betula × paramushirensis Barkalov, Bot. Zhurn. (Moscow & Leningrad) 69: 1685 (1984) : B. ermanii x B. pumila

Betula × plettkei Junge, Verh. Naturwiss. Vereins Hamburg, ser. 3, 13: 39 (1905) : B. nana x B. pendula

Betula × purpusii C.K.Schneid., Ill. Handb. Laubholzk. 1: 102 (1904) : B. alleghaniensis x B. pumila

Betula × raymundii Lepage, Naturaliste Canad. 84: 57 (1957) : B. populifolia x B. pumila

Betula × sandbergii Britton, Bull. Torrey Bot. Club 31: 166 (1904) : B. papyrifera x B. pumila

Betula × sargentii Dugle, Canad. J. Bot. 44: 961 (1966) : B. glandulosa x B. pumila

Betula × uliginosa Dugle, Canad. J. Bot. 44: 951 (1966) : B. pendula subsp. mandshurica x B. glandulosa

Betula × utahensis Britton, Bull. Torrey Bot. Club 31: 165 (1904) : B. occidentalis x B. papyrifera

Betula × vologdensis Tzvelev, Novosti Sist. Vyssh. Rast. 34: 70 (2002) : B. humilis x B. nana

Betula × winteri Dugle, Canad. J. Bot. 44: 986 (1966) B. pendula subsp. mandshurica x B. papyrifera

Betula × zimpelii Junge, Allg. Bot. Z. Syst. 10: 153 (1904) : B. humilis x B. pendula